AHA, BHA ou PHA : quel exfoliant chimique pour quelle peau

Choisir entre un AHA, un BHA ou un PHA revient à poser une question simple : quel problème de peau cherchez-vous à résoudre ? Un teint terne ne se traite pas avec le même acide qu’une peau grasse à tendance acnéique, et une peau sensible réactive n’a rien à faire avec un exfoliant trop puissant. Pourtant, la majorité des articles en ligne se contentent de lister les trois familles sans expliquer concrètement comment choisir, à quelle concentration commencer et quelles erreurs éviter. C’est exactement ce que je détaille ici, avec les mécanismes biologiques derrière chaque acide et des recommandations adaptées à chaque type de peau.

Dans cet article

  • Les AHA (acide glycolique, lactique, mandélique) agissent en surface sur l’éclat et la texture, avec des concentrations efficaces entre 5 et 12 %
  • Le BHA (acide salicylique) est liposoluble : il pénètre dans le pore et convient aux peaux grasses et acnéiques, efficace dès 1 à 2 %
  • Les PHA (gluconolactone, acide lactobionique) offrent une exfoliation douce, adaptée aux peaux sensibles, réactives ou sujettes à la rosacée
  • Mélanger AHA et BHA est possible mais demande de respecter un pH inférieur à 4 et de ne pas dépasser deux soirs par semaine au début
  • La protection solaire SPF 30 minimum est non négociable pendant toute la durée d’utilisation d’un exfoliant chimique
  • Les résultats visibles sur la texture et l’éclat apparaissent en général après 4 à 6 semaines d’utilisation régulière

Exfoliation chimique : le principe de base à connaître

La peau se renouvelle naturellement en 28 à 45 jours selon l’âge. Les cellules mortes de la couche cornée (stratum corneum) sont normalement éliminées par desquamation naturelle. Mais avec le temps, la pollution, le stress oxydatif ou certains déséquilibres hormonaux, ce processus ralentit. Les cellules mortes s’accumulent, le teint paraît terne, les pores se bouchent, la texture devient irrégulière.

L’exfoliation chimique consiste à utiliser des acides pour dissoudre les liens (desmosomes) entre les cellules mortes, sans frottement mécanique. C’est plus doux qu’un gommage à grains, plus homogène et moins irritant quand on respecte les concentrations. Selon la Société Française de Dermatologie, les acides exfoliants font partie des actifs dont l’efficacité est documentée par plusieurs études cliniques, notamment sur la texture cutanée et l’hyperpigmentation.

Trois grandes familles d’acides existent : les AHA (alpha-hydroxy acides), les BHA (bêta-hydroxy acides) et les PHA (poly-hydroxy acides). Leur différence fondamentale tient à leur taille moléculaire et à leur solubilité, ce qui détermine leur profondeur d’action et leur tolérance.

AHA : les acides de surface pour l’éclat et la texture

Les AHA sont des acides hydrosolubles, c’est-à-dire solubles dans l’eau. Ils agissent principalement à la surface de la peau, sur la couche cornée, pour accélérer le renouvellement cellulaire. C’est la famille d’exfoliants chimiques la plus étudiée et la plus ancienne en cosmétologie.

Les principaux AHA et leurs spécificités

Acide glycolique : dérivé de la canne à sucre, c’est le plus petit AHA en taille moléculaire (76 Da). Il pénètre facilement et offre l’exfoliation la plus puissante de la famille. Concentrations cosmétiques habituelles : 5 à 12 %. Au-delà de 20 %, on entre dans le domaine des peelings professionnels. Il est particulièrement étudié pour son action sur les taches pigmentaires et les ridules.

Acide lactique : issu du lait fermenté, sa molécule est plus grosse (90 Da) que l’acide glycolique. Il pénètre donc moins profondément, ce qui le rend mieux toléré. Il possède en plus un effet humectant : il attire l’eau dans la couche cornée. C’est un bon premier AHA pour les peaux qui n’ont jamais utilisé d’exfoliant chimique. Je le recommande souvent à 5 % en première approche, notamment aux peaux sèches qui manquent d’éclat.

Acide mandélique : dérivé de l’amande amère, c’est le plus gros AHA couramment utilisé (152 Da). Sa pénétration lente le rend bien toléré par les peaux mates et foncées, qui présentent un risque plus élevé d’hyperpigmentation post-inflammatoire avec les AHA plus petits. Concentrations habituelles : 5 à 10 %.

Ce que les AHA font concrètement

  • Lissent la texture en éliminant les cellules mortes accumulées
  • Réduisent l’apparence des taches brunes superficielles (mélasma léger, taches solaires)
  • Stimulent la synthèse de collagène à long terme, selon plusieurs études publiées dans le Journal of the American Academy of Dermatology
  • Améliorent la pénétration des sérums comme la vitamine C appliqués ensuite

Les limites honnêtes

Les AHA augmentent la photosensibilité. C’est un fait mesurable : une étude de la FDA a montré que l’application d’acide glycolique à 10 % augmente la sensibilité aux UV de 18 % en moyenne. La crème solaire n’est pas optionnelle, elle est obligatoire pendant toute la durée d’utilisation. Par ailleurs, les AHA ne sont pas adaptés aux peaux très réactives ou aux personnes souffrant de rosacée : leur action de surface peut provoquer des rougeurs et une sensation de brûlure.

BHA : l’acide qui pénètre dans le pore

Le BHA le plus courant en cosmétique est l’acide salicylique. Sa particularité majeure : il est liposoluble, c’est-à-dire soluble dans les corps gras. Contrairement aux AHA qui restent en surface, le BHA peut pénétrer dans le sébum qui tapisse l’intérieur du pore. C’est ce qui le rend incontournable pour les peaux grasses et acnéiques.

Mécanisme d’action

L’acide salicylique dissout le bouchon de sébum et de cellules mortes (le comédon) qui obstrue le pore. Il possède également des propriétés anti-inflammatoires documentées, héritées de sa parenté chimique avec l’aspirine (acide acétylsalicylique). Il réduit les rougeurs autour des boutons et limite la réaction inflammatoire, ce qui en fait bien plus qu’un simple exfoliant.

Concentrations et pH

L’acide salicylique est efficace dès 0,5 % pour un usage quotidien doux et jusqu’à 2 % pour un traitement ciblé. Au-delà, il est réservé aux peelings professionnels. Le pH du produit doit se situer entre 3 et 4 pour que l’acide reste sous forme libre (non ionisée) et puisse réellement agir. Un produit à 2 % de BHA avec un pH de 5,5 n’aura quasiment aucun effet exfoliant ; c’est un point que beaucoup de formulations grand public ignorent.

Pour qui le BHA est-il indiqué

  • Peaux grasses à mixtes avec pores dilatés
  • Peaux à tendance acnéique (comédons, microkystes, boutons inflammatoires modérés)
  • Points noirs récurrents sur la zone T
  • Peaux qui tolèrent mal les AHA en raison d’une sensibilité aux produits hydrosolubles

En cabinet, j’ai constaté que le BHA est souvent sous-utilisé par les peaux mixtes qui se tournent par réflexe vers l’acide glycolique. C’est une erreur fréquente : si votre problème principal est les pores bouchés et non le teint terne, le BHA sera plus efficace. L’acide salicylique est d’ailleurs l’un des rares actifs cosmétiques dont la monographie est reconnue par la FDA américaine comme traitement OTC de l’acné.

Si vous utilisez un masque LED contre l’acné, le BHA en préparation de peau (appliqué 30 minutes avant la séance) peut d’ailleurs améliorer la pénétration de la lumière bleue en désobstruant la surface cutanée.

PHA : l’exfoliation douce pour les peaux sensibles

Les PHA sont la dernière génération d’acides exfoliants. Leurs molécules sont nettement plus grosses que celles des AHA : la gluconolactone pèse 178 Da et l’acide lactobionique atteint 358 Da. Cette taille moléculaire importante a une conséquence directe : les PHA pénètrent très lentement dans la couche cornée, ce qui réduit considérablement le risque d’irritation.

Les avantages spécifiques des PHA

Au-delà de leur action exfoliante douce, les PHA présentent deux propriétés intéressantes qui les distinguent des AHA :

  • Effet humectant puissant : la gluconolactone et l’acide lactobionique captent plusieurs molécules d’eau grâce à leurs groupements hydroxyles multiples. Ils exfolient tout en hydratant, ce qui est un avantage unique.
  • Propriétés antioxydantes : l’acide lactobionique a démontré une capacité à chélater les ions métalliques, réduisant ainsi le stress oxydatif cutané. Combiné à un sérum antioxydant comme la vitamine C, l’effet protecteur est renforcé.
  • Pas de photosensibilisation mesurée : contrairement aux AHA, les études disponibles n’ont pas mis en évidence d’augmentation significative de la sensibilité aux UV avec les PHA. La protection solaire reste recommandée par principe, mais le risque est nettement moindre.

Pour qui les PHA sont-ils recommandés

Les PHA sont le choix logique pour les personnes qui ont besoin d’exfolier mais dont la peau ne tolère pas les AHA classiques :

  • Peaux sensibles et réactives (rougeurs, tiraillements, inconfort fréquent)
  • Peaux atopiques ou sujettes à l’eczéma
  • Peaux matures fragilisées par des traitements (rétinol, traitements dermatologiques)
  • Peaux post-procédure (après un peeling professionnel, un laser ou une séance de LED intensive en institut)

Le compromis est clair : les PHA sont moins efficaces que les AHA sur les taches pigmentaires et les rides. Leur action est plus superficielle, plus lente, mais aussi plus confortable. Pour une peau sensible qui n’a jamais toléré aucun exfoliant, c’est souvent la seule porte d’entrée vers l’exfoliation chimique.

Tableau comparatif : AHA, BHA et PHA côte à côte

Ce tableau résume les différences fondamentales entre les trois familles. Gardez-le sous la main quand vous lisez les listes d’ingrédients (INCI) de vos produits.

Critère AHA BHA PHA
Solubilité Hydrosoluble (eau) Liposoluble (gras) Hydrosoluble (eau)
Taille moléculaire 76 à 152 Da 138 Da 178 à 358 Da
Profondeur d’action Surface de la couche cornée Intérieur du pore Extrême surface
Concentration cosmétique 5 à 12 % 0,5 à 2 % 5 à 15 %
pH optimal 3 à 4 3 à 4 3,5 à 4,5
Photosensibilisation Oui (documentée) Faible Non mesurée
Effet hydratant Léger (acide lactique) Non Oui (marqué)
Effet anti-inflammatoire Non Oui Léger
Cible principale Éclat, texture, taches Pores, acné, points noirs Exfoliation douce, confort
Tolérance peaux sensibles Moyenne à faible Moyenne Excellente

Quel acide choisir selon votre type de peau

Voici mes recommandations concrètes, basées sur ce que j’observe en cabine et sur les données cliniques disponibles. Je précise que pour toute affection cutanée diagnostiquée (acné sévère, rosacée, dermatite, psoriasis), un dermatologue reste le premier interlocuteur avant d’introduire un exfoliant chimique.

Peau normale à mixte, teint terne

Commencez par un AHA à 5-8 % (acide glycolique ou lactique), deux soirs par semaine. Vous cherchez à relancer le renouvellement cellulaire et retrouver de l’éclat. Augmentez progressivement à trois soirs par semaine après un mois si la tolérance est bonne. L’acide lactique est préférable si votre peau tire un peu en fin de journée.

Peau grasse à tendance acnéique

Le BHA à 2 % est votre allié principal. Appliquez-le le soir sur peau propre et sèche, en insistant sur la zone T. Commencez par deux soirs par semaine, puis passez à un soir sur deux si la peau le tolère bien. Le BHA ne dessèche pas autant qu’on le croit, mais il faut tout de même maintenir l’hydratation : un sérum à l’acide hyaluronique léger appliqué après le BHA complète bien la routine.

Peau sensible ou réactive

Dirigez-vous vers un PHA à 8-10 % (gluconolactone). Deux soirs par semaine suffisent pour commencer. Les PHA ne provoquent généralement pas de picotement à l’application, contrairement aux AHA. Si vous ne ressentez rien, c’est normal : l’absence de sensation ne signifie pas l’absence d’effet. L’exfoliation se fait simplement plus lentement et sans irritation.

Peau mature avec rides et taches

L’acide glycolique à 8-10 % reste le gold standard pour l’anti-âge en exfoliation chimique. Son efficacité sur la stimulation du collagène est la mieux documentée. Mais attention : si vous utilisez déjà du rétinol, n’appliquez pas les deux le même soir. Alternez : rétinol un soir, AHA un autre soir, avec au moins un soir de repos entre les deux.

Peau foncée (phototypes IV à VI)

L’acide mandélique à 5-10 % est le choix le plus sûr. Sa pénétration lente réduit le risque d’hyperpigmentation post-inflammatoire, un effet secondaire courant chez les peaux foncées exposées à des AHA trop agressifs comme l’acide glycolique à forte concentration. Commencez bas (5 %) et montez très progressivement.

Associations possibles et erreurs fréquentes

L’une des questions les plus posées concerne le mélange des acides entre eux et avec d’autres actifs. Voici ce qui fonctionne et ce qu’il faut absolument éviter.

Associations qui fonctionnent

  • AHA + niacinamide (vitamine B3) : la niacinamide apaise et renforce la barrière cutanée. Elle compense bien l’effet légèrement irritant des AHA. Appliquez le niacinamide après l’AHA, ou utilisez-le le matin si votre AHA est le soir.
  • BHA + niacinamide : même logique. La niacinamide régule en plus la production de sébum, ce qui renforce l’action du BHA sur les peaux grasses.
  • AHA ou BHA + acide hyaluronique : l’acide hyaluronique n’est pas un exfoliant, c’est un humectant. Il se superpose sans problème après un acide exfoliant pour restaurer l’hydratation. Consultez notre guide sur le collagène et l’acide hyaluronique pour mieux comprendre leurs rôles respectifs.
  • PHA + rétinol : les PHA sont suffisamment doux pour être utilisés en alternance avec le rétinol sans provoquer de surexfoliation. C’est la seule famille d’acides que je conseille en combinaison avec le rétinol pour les peaux sensibles.

Associations à éviter absolument

  • AHA + rétinol le même soir : les deux accélèrent le renouvellement cellulaire. Ensemble, ils fragilisent excessivement la barrière cutanée, provoquant desquamation, rougeurs et sensibilité accrue. Alternez les soirs.
  • AHA ou BHA + vitamine C acide (acide L-ascorbique) en simultané : l’excès d’acidité irrite sans bénéfice supplémentaire. Utilisez la vitamine C le matin et l’exfoliant le soir.
  • Deux exfoliants chimiques différents le même soir (sauf formulations tout-en-un conçues pour) : appliquer un AHA puis un BHA par-dessus n’a pas de sens. Le pH change, les actifs se neutralisent partiellement et l’irritation augmente sans gain d’efficacité.
  • Exfoliant chimique + gommage mécanique le même jour : double exfoliation sans bénéfice, risque élevé de microlésions et de réaction inflammatoire.

Routine pratique : intégrer un exfoliant chimique étape par étape

Voici la méthode que je recommande pour introduire un exfoliant chimique dans une routine de soin, quel que soit l’acide choisi. La progressivité est la clé : il vaut mieux sous-doser pendant un mois que provoquer une réaction dès la première semaine.

Semaines 1 et 2 : phase de test

Appliquez votre exfoliant un seul soir par semaine, sur peau propre et sèche. Attendez 2 à 3 minutes avant d’appliquer votre sérum hydratant (acide hyaluronique, niacinamide) puis votre crème. Le lendemain matin, évaluez votre peau : légère desquamation fine est normale, rougeur persistante ou sensation de brûlure ne le sont pas.

Semaines 3 et 4 : montée en fréquence

Si la tolérance est bonne, passez à deux soirs par semaine, espacés de 3 jours (par exemple mardi et samedi). Maintenez cette fréquence pendant deux semaines complètes avant d’envisager une augmentation.

À partir du deuxième mois

Vous pouvez monter à trois soirs par semaine, ou un soir sur deux si votre peau le tolère. Rares sont les peaux qui nécessitent un exfoliant chimique tous les soirs ; c’est généralement contre-productif car la barrière cutanée n’a plus le temps de se régénérer entre les applications.

L’ordre d’application dans la routine du soir

  1. Nettoyant doux (pH 5 à 6, sans SLS)
  2. Exfoliant chimique (AHA, BHA ou PHA, sur peau sèche)
  3. Attente de 2 à 5 minutes
  4. Sérum hydratant (acide hyaluronique, collagène marin et acide hyaluronique ou niacinamide)
  5. Crème hydratante de nuit

Le matin suivant, la routine ne change pas : nettoyant doux, sérum antioxydant (vitamine C), crème hydratante et protection solaire SPF 30 minimum. Cette dernière étape est capitale, surtout avec les AHA. J’insiste sur ce point car c’est l’erreur la plus fréquente que je vois : des personnes qui exfolient consciencieusement le soir mais sortent sans protection solaire le lendemain, annulant une partie des bénéfices et exposant leur peau à des dommages accrus.

Si vous utilisez un masque LED à domicile, appliquez-le après l’exfoliant chimique et avant le sérum. La peau débarrassée de ses cellules mortes permet une meilleure pénétration de la lumière. Référez-vous à notre article sur les contre-indications du masque LED pour vérifier que l’association est adaptée à votre situation.

Quand arrêter ou réduire

Réduisez immédiatement la fréquence si vous observez : rougeurs persistantes au-delà de 24 heures, sensation de brûlure à l’application de votre crème habituelle, desquamation en plaques (et non en fine poudre), ou apparition de petits boutons inhabituels. Ces signes indiquent une surexfoliation, c’est-à-dire que la barrière cutanée est compromise. Arrêtez l’exfoliant, revenez à une routine basique (nettoyant doux, crème réparatrice) pendant 7 à 10 jours, puis reprenez à une fréquence inférieure.

À retenir

  • Commencez toujours par une seule application par semaine pendant deux semaines, quel que soit l’acide choisi
  • Choisissez votre acide en fonction de votre problème prioritaire : AHA pour l’éclat et les taches, BHA pour les pores et l’acné, PHA pour les peaux sensibles
  • Vérifiez le pH du produit (entre 3 et 4 pour AHA et BHA) : sans pH adapté, l’exfoliant ne fonctionne pas
  • Ne combinez jamais AHA et rétinol le même soir : alternez les soirs avec un jour de repos entre les deux
  • Appliquez une protection solaire SPF 30 minimum chaque matin pendant toute la durée d’utilisation d’un exfoliant chimique

Questions fréquentes


Quelle est la différence entre les PHA et les AHA ?

La différence principale est la taille moléculaire. Les PHA (gluconolactone, acide lactobionique) ont des molécules beaucoup plus grosses que les AHA (acide glycolique, lactique), ce qui les empêche de pénétrer profondément dans la peau. Résultat : les PHA exfolient plus doucement, hydratent davantage et ne provoquent pas de photosensibilisation mesurée. En contrepartie, ils sont moins efficaces que les AHA sur les taches pigmentaires et la stimulation du collagène.


Quels produits ne faut-il pas mélanger avec un AHA ou un BHA ?

Évitez d’appliquer le même soir un AHA ou un BHA avec du rétinol (trétinoïne, rétinaldéhyde, rétinol), de la vitamine C sous forme d’acide L-ascorbique, ou un autre exfoliant (chimique ou mécanique). Ces associations fragilisent excessivement la barrière cutanée. Préférez alterner les soirs : exfoliant un soir, rétinol un autre soir, vitamine C le matin.


Comment utiliser un exfoliant BHA correctement ?

Appliquez votre BHA (acide salicylique) le soir, sur peau propre et sèche, après le nettoyant. Commencez par une seule fois par semaine pendant deux semaines, puis passez à deux fois. Attendez 2 à 3 minutes avant d’appliquer votre sérum et votre crème. Une concentration de 2 % est standard pour un usage régulier. Vérifiez que le pH du produit est bien compris entre 3 et 4.


Peut-on utiliser un AHA ou un BHA avec de la niacinamide ?

Oui, c’est même une association recommandée. La niacinamide (vitamine B3) apaise la peau, renforce la barrière cutanée et régule la production de sébum, ce qui compense bien l’effet exfoliant des acides. Vous pouvez appliquer la niacinamide juste après votre AHA ou BHA le soir, ou réserver la niacinamide pour la routine du matin.


Au bout de combien de temps voit-on les résultats d’un exfoliant chimique ?

Comptez en moyenne 4 à 6 semaines d’utilisation régulière (2 à 3 fois par semaine) pour observer une amélioration visible de la texture et de l’éclat. Les résultats sur les taches pigmentaires sont plus lents, souvent 8 à 12 semaines. La patience est essentielle : augmenter la fréquence ou la concentration trop vite ne donne pas de résultats plus rapides, mais provoque des irritations.


L’exfoliation chimique remplace-t-elle un peeling en institut ?

Non, les deux n’ont pas la même puissance. Un exfoliant chimique cosmétique (AHA à 5-12 %, BHA à 2 %) agit sur les couches les plus superficielles de l’épiderme. Un peeling professionnel utilise des concentrations bien plus élevées (30 à 70 % pour l’acide glycolique) avec un contrôle médical du temps de pose. L’exfoliation à domicile entretient les résultats au quotidien ; le peeling en institut traite des problèmes plus marqués comme les cicatrices d’acné ou le mélasma installé.


Margaux Delcourt
Margaux Delcourt

Margaux Delcourt suit depuis plus de dix ans le soin de la peau et la luminothérapie LED. Elle décrypte les actifs cosmétiques et les technologies de photothérapie sur des bases documentées. Ses articles sont informatifs et ne constituent pas un avis médical.